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56 : réflexion Stéphane : le dégoût Et si Souchon avait éveillé ma propension au dégoût ? En fredonnant « rame », je dérivais, moisissais, m’embureaucra-tisais. Je les comprends ces immobiles de la direction du travail !... mais leur pardonner, jamais ! Quels mauvais exemples pour leurs enfants... Non, la raison est ailleurs : il m’est impossible de leur pardonner... ils sont le reflet de ce que je serais sûreme Nt devenu sans « ce drame ». Serais-je ainsi ou rapidement « le jeune couple » se serait désuni, séparé, aurait vendu la maison, et « ce mini drame » aurait constitué pareille opportunité ? Mais même en partant, le plus probable était la Duglanérisation. Sans cet aphorisme de Pascal, aurais-je cherché un sens à ma vie ? Sans Marjorie aurais-je résisté à la show-bization ? Je suis d’une époque souchonnisée. Il n’y peut rien : il était ainsi, ça a plu, il se dit « j’ai une belle vie ». Symbole d’une époque petite-bourgeoise, dans un pays où des privilégiés indignes de leurs privilèges perdent leur temps, ce temps conquis pa R des générations besogneuses, imaginatives. Avoir gagné vingt ans d’espérance de vie pour les perdre vautré quatre heures par jour devant une télé. Pays souchonnisé. A quoi bon travailler seulement 35 heures si c’est pour s’engloutir dans d’autres routines ? Comme des morts anticipées. Rame, tu pourras jamais tout quitter... Restez victimes ! Complaisez-vous dans vos petites névroses, vos ridicules petits malheurs si rassurants. Tout plutôt que payer le prix de la Liberté ! page suivante : -la cause n est plus a l extérieur mais en soi age de la revolte AUTEUR - auto-édition |